Témoignage d’Anais Medouni

Témoignage d’Anais Medouni

Récipiendaire de la bourse Persévérance FCCQ 2024

Peux-tu te présenter brièvement (programme d’études, établissement)? Où es-tu rendue dans ton parcours? 

La bourse que j’ai reçue était pour un stage en recherche biomédicales que j’ai effectué dans le cadre de mon baccalauréat en sciences biomédicales à l’Université de Montréal, à la fin de ma 2ème année. 

Après mon stage, j’ai décidé que je voulais continuer dans la recherche. En accord avec mon superviseur de stage, j’ai appliqué pour un passage direct au doctorat dans le département de biologie cellulaire à McGill, et j’ai été admise. Trois semaines après avoir complété le dernier examen de mon baccalauréat, j’ai commencé mon doctorat, voilà il y a un an de cela (janvier 2025).  

Comment as-tu appris que ta candidature avait été proposée pour cette bourse? Quelle a été ta réaction lorsque tu as su que tu avais gagné? 

Quelques semaines après avoir soumis ma candidature, j’ai reçu un courriel de la coordonnatrice de stage de mon baccalauréat me disant que ma candidature avait été proposée. J’avais vraiment l’impression que toutes les difficultés auxquelles j’ai fait face le long de mon parcours et les efforts que j’ai fait pour avancer étaient enfin vus et reconnus.  

Je me souviens distinctement du moment où j’ai reçu la décision, j’étais dans le bus en chemin vers le lab, et j’avais réellement les larmes aux yeux.  

Peux-tu nous parler de ton stage? Le lieu, comment tu l’as trouvé, quand tu l’as effectué, la durée et tes principales responsabilités? 

J’ai effectué un stage de 4 mois à temps plein, de mai à août 2024, dans le laboratoire du Dr Gregor Andelfinger, cardiologue pédiatre et chercheur au centre de recherche du CHU Sainte Justine, à Montréal. 

En fait, j’ai trouvé ce stage grâce à mon stage précédent. L’été d’avant, j’avais effectué un stage dans le laboratoire de Dre Sylvie Marleau à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. La faculté organise annuellement un congrès où ses étudiants gradués et stagiaires peuvent présenter leurs recherches. J’y ai participé et c’est là que j’ai vu les travaux d’un étudiant qui avait effectué son stage dans le laboratoire du Dr Andelfinger, qui m’ont beaucoup intéressé. J’ai écrit un courriel à Dr Andelfinger signifiant mon intérêt pour sa recherche, et une semaine plus tard je l’ai rencontré au centre de recherche, et c’est ainsi que j’ai trouvé mon stage. 

Lors de mon stage, mes principales responsabilités étaient d’effectuer des recherches bibliographiques, contribuer à la mise en place et à la réalisation d’expériences en laboratoire dans le cadre d’un projet sur les manifestations cardiaques des RASopathies, ainsi qu’à présenter régulièrement mes résultats lors de réunions d’équipe et de conférences étudiantes. 

Y a-t-il un projet ou une expérience pendant ton stage qui t’a particulièrement marquée? 

Le fait de participer à un congrès international dans le domaine. C’était la deuxième semaine de mon stage, et mon superviseur a co-organisé un congrès international sur le développement cardiaque à Montréal et j’ai eu la chance d’y participer. Ça a duré quatre jours, c’était très intense et je ne comprenais pas grand-chose à toutes les présentations qui défilaient, mais j’ai énormément appris. La semaine suivante, mon superviseur m’a demandé ce que j’avais pensé de cette expérience et je lui ai dit que j’ai réalisé à quel point je savais peu de choses… Pour moi c’était vraiment une expérience qui m’a émerveillée, l’étendue des connaissances sur le développement du cœur, sa complexité intrinsèque, et l’étendue des méthodes développées pour l’étudier. Ça m’a donné envie d’en apprendre plus. 

Quelles compétences ou quels apprentissages as-tu développés grâce à cette expérience? 

C’est un mix d’apprentissages techniques et de compétences transversales. 

Du côté technique, j’ai appris plusieurs méthodes en lien avec le modèle murin, dont l’histologie, la quantification de protéines par Western Blot, qui sont des techniques standard en biologie cellulaire. Surtout, j’ai aussi mis au point un protocole d’isolation de noyaux cardiaques pour séquençage d’ARN dans des cellules uniques (single nucleus RNA sequencing). Cette technique est assez avancée, et le snRNA-seq dans son ensemble constitue une approche plutôt nouvelle et innovante. Cela a été particulièrement précieux pour moi, car j’ai pu apprendre à la fois des techniques de routine et des méthodes plus récentes. 

En termes de compétences transversales, j’ai principalement développé mon esprit critique, notamment dans la lecture de la littérature scientifique, la conception de mes expériences et l’interprétation de leurs résultats. J’ai également gagné en autonomie tout au long de mon stage : vers la fin de celui-ci, j’étais capable de planifier, réaliser et, dans certains cas, dépanner mes expériences de manière indépendante. J’ai aussi pu commencer à proposer et envisager des expériences de suivi pertinentes afin d’approfondir les résultats obtenus. 

En quoi ton stage a-t-il enrichi ta formation ou ta compréhension de ton futur métier? 

Au-delà des compétences techniques que j’ai pu développer, ce stage m’a également permis de mieux comprendre ce qu’implique concrètement la recherche préclinique : son fonctionnement, ses exigences, mais aussi ses défis et ses limites. Il m’a aidé à mieux saisir ce que signifie travailler comme scientifique au quotidien. Je dirais que cette expérience a été déterminante dans mon parcours, car elle a confirmé mon souhait de poursuivre dans cette voie, ce que j’ai choisi de faire par la suite. 

Comment l’encadrement ou l’accompagnement dans ton milieu de stage a-t-il contribué à ton expérience? 

Mon encadrement a fait de mon stage où j’ai vraiment pu maximiser mes apparentages et être exposée à un maximum d’expériences, en plus de prendre confiance en moi. J’ai eu la chance d’intégrer un lab qui donne de la place et de l’importance à tous, quel que soit mon niveau ou la durée pour laquelle j’étais là. Lors des rencontres hebdomadaires d’équipe, les autres membres du laboratoires qui présentaient ne manquaient jamais de me mettre en contexte en termes que je comprenais, et répondais à toutes mes questions 

De plus, mon superviseur était très encourageant. Lorsque je présentais un nouveau résultat, que celui-ci confirme mon hypothèse ou non, mon superviseur ne manquait pas de me féliciter et de souligner les efforts que j’avais effectués pour en arriver là. Ça a grandement contribué à augmenter ma confiance et d’être plus ambitieuse et confiante dans mes expériences, tout en restant critique.  

Leur attitude accueillante et bienveillante a largement contribué à renforcer mon envie de poursuivre mon parcours dans le domaine de la recherche. 

Selon toi, qu’est-ce qui fait qu’un stage devient une expérience vraiment enrichissante pour un étudiant? 

Selon moi, un stage est l’occasion parfaite de s’exposer à un domaine. Ça implique les parties techniques, évidement, mais aussi beaucoup d’observation. Chacun est différent et chaque étudiant est susceptible d’apprécier un aspect différent d’un stage, alors je pense qu’il est important dans un premier temps d’offrir beaucoup d’opportunités d’observation et d’apprentissage au stagiaire. Avec un peu de temps, il/elle réalisera ce qui l’accroche plus et peu se concentrer un peu plus dessus. 

Quel conseil donnerais-tu à des coordonnateurs ou coordonnatrices de stage qui souhaitent offrir une expérience positive aux étudiants? 

D’après mon expérience, la recherche de stage peut être une période stressante, surtout lorsqu’il s’agit d’un premier stage. Il me semblerait donc bénéfique d’offrir davantage de soutien à l’ensemble des étudiants du programme, par exemple en proposant des séances d’information supplémentaires ainsi que plus de documents d’accompagnement. Dans mon cas, le stage faisait partie intégrante de mon cursus, mais la préparation à la recherche de stage l’était beaucoup moins. Un encadrement plus structuré à cette étape pourrait faciliter cette transition importante pour plusieurs étudiants. 

Y a-t-il autre chose que tu aimerais ajouter ou partager? 

Particulièrement dans le cadre des stages en recherche académique, l’accent est souvent mis sur l’excellence, l’obtention de bourses et la reconnaissance par des prix. Bien que ces éléments puissent être motivants, il me semble important de rappeler que le rôle premier d’un stage reste avant tout l’apprentissage. Encourager une approche plus ouverte, qui valorise les différentes formes de progression et de développement tout au long du stage, permettrait sans doute de rendre ces expériences encore plus enrichissantes et inclusives. À mes yeux, qu’il y ait une bourse ou un prix de présentation à la clé ou non, un stage est pleinement réussi dès lors qu’il a permis d’apprendre, d’explorer, de prendre confiance en ses capacités et de grandir à travers l’expérience. 

 

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